Bienvenue sur le site des Matins Philo. Nous sommes actuellement en plein processus de mise à jour de ce site avec le programme de la Saison 10 (2020-2021), merci de votre compréhension. Revenez-nous voir régulièrement pour découvrir au plus vite les détails de la Saison 10 !
SAISON 10 ( septembre 2020 - mars 2021 )

(cliquez sur chacun des cycles pour plus d’informations)

Christophe Van Staen - Rousseau et son contraire (29/09/20 - 8/12/20)

Rousseau et son contraire

Christophe Van Staen

C’est le lot des grands hommes que d’être travestis. Depuis sa mise au tombeau en 1778, Rousseau n’a cessé d’être déterré, au propre et au figuré, par une variété d’idéologies et d’états de société cherchant sur sa dépouille l’aliment théorique de leurs propres visions, interrogations, actions et réactions : révolutions, conflits sociaux, lutte pour les libertés individuelles, perplexité du Sujet face à sa propre disparition, mise en cause du progrès, retours à la nature, qu’elle soit physique ou vérité de l’être au monde. Hélas, demeurant pour l’essentiel incompris car peu ou mal lu, ces appropriations successives et superficielles de sa pensée sont autant d’instrumentalisations, récupérations et subversions du système, lectures grossières, entretenues par l’imagerie populaire, mais parfois aussi, il faut le reconnaître, par l’imagination de la critique. Il s’agira donc ici de liquider les idées reçues quant à la théorie rousseauiste, avant de voir en quoi, une fois bien comprise, au-delà de ces actualisations à la hussarde, elle peut nous aider à mieux penser certains aspects de notre monde actuel.

 

Cycle 1: le matin de 10h00 à 11h20

29 septembre 2020 Un autre Jean-Jacques
Ce que représente Rousseau dans la mémoire des hommes, hommes de la rue ou érudits, ne correspond pas toujours à la réalité de sa pensée. La chose serait indifférente si ces discordances ne touchaient les notions fondamentales de son œuvre, qu’il convient donc de relire, dans son étendue et sa richesse vertigineuses. Autre problème : ces malentendus qui ôtent pour ainsi dire Rousseau à son siècle, pour le ramener au nôtre, sont la source de maintes illusions rétrospectives qui nous font passer à côté de son apport réel à la philosophie.
13 octobre 2020 L’épistémologie scientifique des Lumières (1737-1750)

La pensée de Rousseau ne se borna pas aux questions de morale, de politique ou de religion. En effet, il entra en philosophie en empruntant la porte des sciences de son temps, qu’il pratiqua, et dont il sentit d’emblée les faiblesses, dues au stade liminaire de leur développement, ainsi qu’à leur ancrage dans la tradition hermétique. De cette expérience personnelle, découla l’émergence d’une critique de l’épistémologie des sciences contemporaines dont le point d’orgue sera le Discours sur les sciences et les arts, mais qui remonte en réalité à son apprentissage précoce de la médecine, de la cosmographie, et surtout de la chimie, à laquelle il consacra un manuscrit de plus de 1200 pages, intitulé Institutions chimiques.

 

27 octobre 2020

La « stase » anthropologique (1750-1758)

Les sciences et les arts ne sont que les ornements derrière lesquels la civilisation cache sa profonde dépravation et son désespoir. De ces symptômes, dont les conséquences sociales sont funestes (inégalités, asservissements, scission de l’amour de soi et de l’amour propre, distinction de l’intérêt particulier et de l’intérêt général), Rousseau cherche les sources dans la naissance même des sociétés, dont, par une fiction heuristique pour lors inouïe, il dresse la généalogie, tout en jetant les bases méthodologiques et conceptuelles d’une proto-anthropologie. Les conclusions du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes sont sans appel : il convient de faire la critique de l’idée de progrès, et des chimères que les hommes poursuivent en son nom.

 
10 novembre 2020

L’art de la propagande (1758-1761)

On l’ignore souvent : les Lumières furent loin de se borner à une entreprise philosophique : il s’agit aussi d’un puissant outil de propagande visant non pas à sortir la majorité numérique de sa minorité intellectuelle, mais à renverser l’équilibre des hégémonies idéologiques. L’individu est donc délibérément maintenu dans une hétéronomie que Rousseau n’a de cesse de condamner. Les moyens mis au service de la propagande philosophique ne sont pas petits : l’Encyclopédie est la grande entreprise du siècle ; l’art épistolaire et la Correspondance littéraire ses principaux organes de communication ; la censure et la répression font l’objet d’un traitement déjà victimaire. Au piège de ses relations, de ses idées (il participe, lui aussi, à l’Encyclopédie), et du conflit à la fois moral, religieux et philosophique qui déchire la société, Rousseau va lui aussi chercher à influencer l’opinion, en développant une esthétique sérielle, ainsi qu’une stratégie de communication sans précédent, d’apparence contradictoire, mais qui prouvera son efficacité redoutable, au désespoir de ses ennemis. Un roman. Le plus beau, le plus lu et le plus aimé du siècle : la Nouvelle Héloïse.

 
24 novembre 2020
 
Réformer la société : questions de méthode (1762).
 

Si de l’avis de tous, l’enjeu est la réforme de la société, tous ne s’entendent pas sur les fins et les moyens. Le matérialisme ambiant n’aboutit qu’à une forme assez utopique et peu opérationnelle de réformisme dont l’essence n’est pas de restituer l’individu à son autonomie, mais de n’en faire que le rouage d’une machine politique en laquelle on s’obstine à croire, tout comme les tenants de l’ordre établi, qui demeure celui de l’Ancien Régime. À cette situation qu’il déplore, Rousseau oppose une alternative limpide : il s’agit de réformer l’individu soit dans un sens (pour en faire un homme), soit dans l’autre (pour en faire un citoyen). De ces deux termes naîtront, d’une part, ce qui n’est pas un manuel d’éducation, mais un traité d’anthropologie philosophique défendant le caractère inné de l’instinct moral (l’Émile) ; et de l’autre, ce qui n’est ni la phase positive de sa philosophie politique, ni un catéchisme révolutionnaire, mais une démonstration bien plus radicale encore de la nécessaire faillite du politique, puisqu’en société, intérêts général et particulier finissent toujours par se distinguer un jour, en raison de la mécanique même du pouvoir (le Contrat social).

 

8 décembre 2020

La fabrique de l’opinion et le moi (1763-1778).

La condamnation, l’exil. Trahi, pourchassé, lapidé, le Rousseau d’après 1762 prend, par le biais de son expérience personnelle, la mesure exacte du problème majeur que constitue la fabrique et l’influence de l’opinion publique. Revenant alors sur les traces d’une forme très particulière de matérialisme (la « morale sensitive »), se prenant lui-même comme objet d’étude, Rousseau tente de saisir les mécanismes de transformation conduisant l’individu de l’identité à la dissemblance, de la conscience à sa perte, en suivant successivement les voies analytique, dialectique et anagogique, sous la forme d’écrits autobiographiques : les Confessions, les Dialogues de Rousseau juge de Jean-Jacques, et les Rêveries du promeneur solitaire.

 

 

Nathalie Grandjean - Affects du numérique (29/09/20 - 8/12/20)

Affects du numérique

Nathalie Grandjean

Le numérique transforme notre rapport au monde en nous engageant dans des des pratiques médiées par les particularités paradoxales de la texture numérique, tout à la fois matérielle et virtuelle, instantanée et permanente. Le numérique nous affecte de manière inédite : nos corps peuvent se voir à distance, tout en se donnant le goût de se rencontrer davantage. Il nous affecte également en ce qu’il peuple nos imaginaires d’êtres technoscientifiques mythiques comme les robots ou l’intelligence artificielle, ou encore en ce qu’il rythme nos vies ordinaires avec des applications de smartphones ou logiciel PC.

Ces affects sont aussi politiques et éthiques. Les technologies de surveillance exercent un contrôle continu sur les individus, mettant en danger nos libertés fondamentales. Nos relations, nos corps et nos subjectivités sont mises à l’épreuve dans les membranes numériques telles que les réseaux sociaux ou la reconnaissance faciale. S’agit-il d’hybridité ou d’invasion technologique ? Comment penser ces nouveaux affects ?  

 

Cycle 2 : le matin de 11h40 à 13h00

29 septembre 2020 Voyage à l’intérieur de la texture numérique : machines, données et algorithmes

Comment définir la nature du numérique ? En quoi la texture de ces technologies est-elle particulière ? Il s’agira de dresser le portrait critique d’une membrane technologique dite immatérielle, faite de données, d’algorithmes et de machines.

13 octobre 2020
Frayeur et fascination

Le numérique, tant dans ses pratiques que dans ses différents artefacts, se déploie dans une tension entre frayeur (technophobie) et fascination (technophilie). Cette ambivalence trouve sa source dans les relations générales que nous entretenons avec la technique et les technologies.

27 octobre 2020
Est-il possible de penser un humanisme numérique ?

Le numérique n’est ni un simple outil, ni un simple objet (d’étude); il est en réalité devenu sujet en ce qu’il engendre une culture, une nouvelle façon de voir le monde, une nouvelle civilisation.

10 novembre 2020
Compagnonnage numérique, cyborgs et hybridité des corps

Comment appréhender les liens de cohabitation, voire d’hybridité, entre les corps et les technologies numériques ? Doit-on s’inquiéter de perdre une part de notre humanité ? A ce titre, que sont les courants transhumaniste et posthumaniste ?

24 novembre 2020
Attention et mémoire dans la société hyperconnectée

Les pratiques numériques, par l’entremise du web et d’une connexion généralisée à Internet, instaurent un règne d’immédiateté et de permanence. Nos esprits doivent affronter de nouvelles contraintes, allant des captures d’attention à l’impossibilité d’oublier.

8 décembre 2020 Visagéité et reconnaissance faciale dans la société de contrôle

La reconnaissance faciale se propage largement dans les espaces publics, tant matériels, comme les gares, aéroports et lieux de vie urbains, qu’immatériels, comme les réseaux sociaux. Quelle est la portée éthique de ces captures successives de nos visages ?  

 

 

Mark Hunyadi - Qu'est-ce que la confiance ? (6/10/20 - 15/12/20)

Qu’est-ce que la confiance ?

Mark Hunyadi

Faire confiance, on fait cela tous les jours, sous toutes les latitudes et dans toutes les langues. Aucune action ni interaction ne pourrait avoir lieu sans un minimum de confiance. L’enfant commence par croire ce que lui disent les adultes : au début est la confiance. Voici que je marche dans la rue, sans penser une seconde que le sol peut s’effondrer sous mes pieds : confiance. Je prends le taxi, l’avion : confiance. Nous séjournons dans la confiance, sans possibilité de nous en retirer. Y renoncer comme on renoncerait à l’alcool n’est pas une option pour les humains. D’où une surprise : pourquoi les grands auteurs en ont-ils si peu parlé ? Pourtant, elle n’était pas moins nécessaire aux humains du temps de Platon qu’elle ne l’est à l’heure des blockchains.

Cycle 3 : le matin de 10h00 à 11h20

6 octobre 2020 Les racines philosophiques du problème de la confiance

Le problème de la confiance naît avec « le problème nominaliste » : comment faire société à partir d’individus opportunistes et calculateurs, c’est-à-dire qui cherchent à chaque fois leur avantage ? La modernité a répondu : par contrat social. Mais comment faire confiance à des individus qui ont passé un contrat par opportunisme ?

20 octobre 2020 La leçon anti-hobbesienne de Hobbes : une définition de la confiance

Hobbes, le plus grand nominaliste politique, a modélisé un ordre social à partir d’individus qui ne pouvaient pas se faire confiance. Il dit pourtant que « la confiance est le seul lien des pactes ». Qu’est-ce à dire ?

3 novembre 2020 Les faux-amis de la confiance : ce qu’elle n’est pas

Pour beaucoup – les économistes notamment -, la confiance est calcul. Vraiment ?… Pour d’autres, elle se confond avec la foi, ou la fiabilité, la crédibilité, la fidélité. Autant de faux-amis qu’il faut distinguer de la confiance.

17 novembre 2020 La confiance dans un monde numérique

Que devient la confiance dans un monde où les relations entre individus sont de plus en plus médiatisées par des dispositifs numériques ? L’empire des algorithmes entraînerait-il une baisse tendancielle du taux de confiance ?

1er décembre 2020 L’impact du numérique sur la relation médicale

La relation médicale est l’un des paradigmes de la relation de confiance. Mais quel impact la numérisation de la médecine (Big Data médicales, médecine connectée, auto-contrôle des individus par des applications de santé) a-t-elle sur la confiance ?

15 décembre 2020 Enjeux d’avenir

L’intelligence artificielle envisage-t-elle une automatisation de l’esprit ? Le numérique dessine-t-il une société automatique ? N’aura-t-on plus besoin de confiance entre les humains, parce que la technique nous libérera de son incertitude ?

 

Emmanuelle Danblon - La rhétorique de la conspiration: défi à la vérité et besoin de croire (6/10/20 - 15/12/20)

Les rhétoriques de la conspiration :

défi à la vérité et besoin de croire

Emmanuelle Danblon

Les théories du complot ne datent pas d’hier. Mais ces dernières années, elles ont pris une importance virale dans nos sociétés et elles présentent des traits qu’il est urgent et nécessaire de comprendre. Bien des disciplines donnent des explications éclairantes sur le phénomène. Une analyse rhétorique attentive permet de dresser le portrait-robot de la tentation conspirationniste qui en dit long sur les peurs et les fantasmes de nos contemporains. Ce cycle de conférences proposera des hypothèses sur notre rapport actuel à la vérité et à la fiction. A travers un examen attentif de quelques célèbres théories du complot (le fameux complot de la lune, les stars clonées, la plaidoirie de Me Courtoy au récent procès de Medhi Nemmouche à Bruxelles en 2018).

 

Cycle 4 : le matin de 11h40 à 13h00

6 octobre Introduction. Les théories du complot : un héritage très ancien.

Une tentation conspirationniste universelle. Points communs et différences entre hier et aujourd’hui. Le rôle des réseaux sociaux.

20 octobre Leçon 2. La force persuasive des raisonnements conspirationnistes.
À côté des études historiques et psychologiques, la rhétorique permet de comprendre la force persuasive des raisonnements conspirationnistes mais aussi la faiblesse des tentatives de les combattre.
3 novembre Leçon 3. L’homme n’est jamais allé sur la lune
Une théorie du complot qui ne se dément pas : l’homme n’est jamais allé sur la lune. Tout a été filmé dans un studio à Hollywood. Un exercice de rhétorique pour apprendre à construire les arguments.
17 novembre Leçon 4. Retour sur notre besoin de fiction
Retour sur notre besoin de fiction. Quelles différences entre illusion et imagination ? Pourquoi notre besoin de croire est-il si puissant ? Pourquoi sommes-nous parfois si rétifs à percevoir le réel tel qu’il est ?
1er décembre

Leçon 5. Un cas d’étude: le procès de Mehdi Nemmouche

Un cas d’étude : le procès de Mehdi Nemmouche et la plaidoirie de Me Courtoy. Un cas d’école analysé par la rhétorique. Un ethos de circonstance. Et finalement, beaucoup de bruit pour rien. Une stratégie qui s’est avérée inopérante.

15 décembre

Conclusion. Quel antidote à la déferlante conspirationniste ?

Conclusion. Quel antidote possible à la déferlante conspirationniste ? Renouer avec notre besoin de fiction. Un apprentissage vers le courage de la lucidité et la force de l’imagination.

 

Baudouin Decharneux - Visages de l'humanisme (12/01/21 - 23/03/21)

Visages de l’humanisme

Baudouin Decharneux

L’humanisme est en crise. Né en Italie à la faveur de l’arrivée de savants grecs venus de Byzance, l’humanisme s’est confondu avec l’identité européenne durant plusieurs siècles. Les grands courants religieux et philosophiques s’y référèrent sans cesse, il est vrai parfois de façon idéologique (-isme), comme si la centralité de l’homme en tant que sujet pensant le monde, était une idée philosophiquement acquise. Les grands courants philosophique, scientifique, historique, philologique, artistique – et la déclinaison est loin d’être épuisée…-, se revendiquèrent ainsi de cette période qui, de l’essor des arts à Florence jusqu’aux Lumières, ne cessa de relancer le nécessaire débat d’idées qui rend une société dynamique et féconde. Les idées de conscience, de liberté, de raison, de progrès, se profilèrent ainsi dans le sillage de cette nouvelle façon de lire et dire l’homme. C’est donc de l’Homme avec un grand « H » dont il fut alors question. Or, c’est cette façon de lire et penser l’humain qui, nous semble-t-il, fait aujourd’hui question du point de vue philosophique.

 

 

Cycle 5 : le matin de 10h00 à 11h20

12 janvier 2021 Qu’est-ce qu’un humain?

Alors que tout et chacun pense connaître la définition de l’humain, rien ne semble plus complexe du point de vue philosophique. Nous examinerons du point de vue critique les diverses définitions avancées.

26 janvier 2021 L’homme au centre de la création

Conformément à une certaine interprétation de la Bible, l’Homme se pensa et se vit au centre de la « création ». Nous posons la question de la pertinence d’un tel mode de représentation.

9 février 2021 L’humanisme renaissant
La Renaissance, tout en décentrant scientifique l’Homme, le recentra philosophiquement de façon inédite. Cette continuité affirmée fut donc aussi une rupture idéologique quant à l’idée d’Homme en soi.
23 février 2021 L’idée du progrès
L’idéal prométhéen du progrès, parfois considéré comme infini, donnait à l’humain un espoir quant à des lendemains enchantés. Comment cette idée a-t-elle été secondarisée à l’époque contemporaine ?
9 mars 2021 Le temps du désenchantement

Avec l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima, le coup d’arrêt fut donné à l’idéologie du progrès. Quelles furent les conséquences philosophiques de ce moment déterminant de l’histoire ?

23 mars 2021 Vers un homme interdépendant

Les enjeux socio-politiques contemporains posent la question du caractère « nocif » de l’homme sur « la planète ». C’est la question de l’interdépendance de l’homme avec le vivant qui retiendra ici notre attention.

Odile Gilon - Traces. Archéologie de la présence (12/01/21 - 23/03/21)


Traces. Archéologie de la présence

Odile Gilon

La trace fascine notre monde contemporain qui en attend toujours plus de lisibilité. Qu’il s’agisse de traces génétiques, ou encore de la traçabilité d’un produit, de la recherche scientifique ou du tracking sur Internet, le dénominateur commun semble trouver son expression première dans un mode de pensée qui vit le jour au Moyen-Âge et qui, entre indices et signes, entre présence et origine, irrigue les réflexions de penseurs contemporains comme J. Derrida et G. Agamben. L’archéologie philosophique du concept de « trace » réclame un itinéraire, depuis la trace comme signature de la présence dans la métaphysique médiévale, jusqu’à la trace comme vecteur de lisibilité du monde dans la pensée contemporaine.

Cycle 6 : le matin de 11h40 à 13h00

12 janvier 2021 Archéologie de la trace

Bien plus qu’un concept, la « trace » est dans la pensée contemporaine une méthode de pensée, celle de l’« archéologie des savoirs » (A. De Libera, M. Foucault), qui voit dans les concepts les traces d’une histoire qui se lit de manière discontinue.

26 janvier 2021 Vertige et vestige de l’origine

La trace est un vestige de l’origine, dont la présence perdue ne se manifeste plus que par dérivation. Découvrir le sens, c’est donc retourner vers l’origine (« métaphysique de la présence »). Dix siècles de pensée médiévale offrent une diversité foisonnante de rapports à l’origine, dont certains préfigurent la modernité.

09 février 2021 Au fil de l’enquête

D’un monde de signes, tout entier pensé à partir de son origine, à un monde d’indices, livré à la temporalité, la trace initie dès le XIIIe siècle une logique de l’enquête philosophique et bientôt scientifique.

23 février 2021 La « parole efficace » (I. Rosier)

A l’instar de la « raison graphique » (J. Goody), selon laquelle les signes sont des instruments de transformation de la pensée, la parole orale et écrite au moyen âge agit, performe, transforme – comme le redécouvre la pensée contemporaine.

09 mars 2021 Au-delà de la présence

Pour J. Derrida, la trace dit l’origine du sens, qui reste pourtant hors d’atteinte. A sa suite, la pensée contemporaine s’évertue à déjouer le mythe de la présence et du donné immédiat, pour chercher dans les traces une force de déstabilisation du sens.

23 mars 2021 Le pouvoir à la trace

G. Agamben propose une autre lecture de la trace, fondée sur la potentialité, et ouvrant sur une relecture archéologique de la puissance. En ce sens, lire les traces, c’est pister le pouvoir, comme la lecture de l’espace urbain médiéval en fournit l’exemple (P. Boucheron).

Xavier Verougstraete - La joie, un itinéraire philosophique (19/01/21 - 30/03/21)

La joie, un itinéraire philosophique

Xavier Verougstraete

 

Le fil rouge de cet itinéraire sera la joie comme dé-clôture du moi. Nous verrons comment la joie peut dynamiser, en le traversant, un moi jusqu’alors enfermé dans sa souffrance, son désenchantement, sa prétention. Tout au long de ce parcours nous pourrons compter sur l’aide précieuse de philosophes: chaque étape sera accompagnée d’un regard et d’une expérience particulière. La perspective de la joie nous fera découvrir la richesse de paysages multiples: de la puissance à la résonance, de l’acquiescement à la création, de la libération à la relation. Tout un programme !

 

Cycle 7 : le matin de 10h00 à 11h20

19 janvier La joie, « passage à une perfection plus grande » – Spinoza
Joie, réalité, perfection, puissance, béatitude, ces notions qui se croisent dans l' »Éthique » justifient la fascination exercée par Spinoza.
2 février Contre le nihilisme – Nietzsche et Clément Rosset

La joie comme oui inconditionnel (amor fati) illustré tant par l’enfant que par le surhomme chez Nietzsche. Une approche du « réel sans double » avec la joie comme « Force majeure » chez Rosset.

16 février Intuition et joie – Bergson

Intuition, durée, création, ces réalités chères à Bergson, ont un point commun: la joie, manifestation en nous de « L’évolution créatrice« .

2 mars La joie – « Relire le relié » – Religion et mystique

La promesse de la joie dans une conjonction inouïe. Du « mémorial » de Pascal à « La mystique sauvage » (Michel Hulin), la joie comme expérience de rencontre.

16 mars Joie et Éveil – une approche de l’Orient

L’éveil serait-il un autre nom de la joie? Un point de vue différent qui ouvre des perspectives inattendues. La joie, signe d’une libération.

30 mars Hartmut Rosa et François Jullien

« Résonance » entre le moi et le monde, relation féconde source de joie.
« La vraie vie« , la pensée et la joie comme résistances à la non-vie, à la non-pensée et à la tristesse.

 

Christophe Perrin - L'homme, cet indéfinissable (19/01/21 - 30/03/21)

L’homme, cet indéfinissable

Christophe Perrin

À la question de savoir quel être a quatre jambes le matin, deux le midi et trois le soir, la réponse est donc l’homme. Mais si l’énigme de la Sphinge est résolue par Œdipe, loin s’en faut que le problème posé par sa sagacité le soit également. Car comment l’homme qui sait ce qu’est l’homme ne saurait-il pas l’homme qu’il est ? On comprendra ainsi le « Connais-toi toi-même » de la sagesse antique. Mais au regard des recherches des sciences humaines contemporaines, quid novi sub sole ? Serions-nous fondés à croire que rien n’est plus indéfini, voire plus indéfinissable que notre être même ? En naviguant au gré des difficultés, sinon des apories de la philosophie pour en déterminer la nature, c’est précisément ce nœud gordien qu’il s’agira de trancher.

Cycle 8 : le matin de 11h40 à 13h00

19 janvier 2021 Un genre ou une espèce ?

Quiconque traitant de l’homme devant bien se référer à l’idée de l’être dont il parle, une définition s’impose. Mais une fois rappelée la définition de la définition, soit le discours qui exprime l’essence d’une réalité en en énonçant le genre commun et la différence spécifique, première difficulté : l’humanité est-elle un genre ou une espèce ?

02 février 2021 Un animal ou une bête ?

Si notre tradition a tranché, l’homme s’y comprenant comme un animal singulier, l’éthologie ne cesse de contester que les caractéristiques qu’on lui prête soient aussi distinctives qu’on le prétend. Des propriétés émergentes qui lui sont propres l’ayant pourtant dénaturé, deuxième difficulté : l’humanité relève-t-elle de l’animal ou de la bête ?

16 février 2021 L’humain ou l’inhumain ?

Loin d’être un ange, toutes les fois qu’il s’efforce de déterminer ce qu’il est l’homme exclut de l’humanité bien de ses congénères. La reconnaissance de l’inhumain en l’homme devant logiquement l’emporter sur une différence entre l’homme et l’humain, troisième difficulté : l’humanité se révèle-t-elle par l’humain ou par l’inhumain ?

02 mars 2021 Une nature ou aucune ?

Aussi bigarrées soient les représentations mythologiques et scientifiques de l’homme à travers les âges, toutes semblent avoir pour règle de s’accorder sur l’exception qu’il constitue dans la nature. Le tenir pour un être d’anti-nature revenant cependant à lui en offrir une, quatrième difficulté : l’humanité ressortit-elle d’une nature ou d’aucune ?

16 mars 2021 Une culture ou plusieurs ?

Alors qu’une hérédité biologique fait de nous des petits d’homme par nature, un héritage social fait de nous des petits hommes par culture. Or si nul n’est sans culture, nous tous n’avons pas la même. L’inculte méconnaissant la sienne en plus d’ignorer celle des autres, cinquième difficulté : l’humanité résulte-t-elle d’une culture ou de plusieurs ?

30 mars 2021 Une idée ou une image ?

S’il a fallu 7 millions d’années pour que, de ses ancêtres simiesques, émerge l’homme d’aujourd’hui, il doit depuis déjà quelques millénaires son évolution moins à la nature qu’à l’histoire, à la matière qu’à l’esprit. La représentation qu’il se fait de lui-même n’y étant pas étrangère, sixième difficulté : l’humanité n’est-elle qu’une idée ou une image ?

 

Programmes des saisons précédentes

Saison 1 (2011 - 2012)

Pascal Chabot :

« Pourquoi la philosophie? »

« L’impalpable énigme du temps »

Michel Dupuis:

« Le souci et la joie »

Olivier Duquenne:

« L’art actuel: le merveilleux et le simulacre »

Guy Haarscher:

« Le retour du religieux: enrichissement ou menace pour nos libertés? »

Justine Lacroix:

« Qu’est-ce qu’une société vraiment libérale? »

François Ost:

« Le récit, à l’origine et à l’horizon des sociétés »

Laurent Van Eynde:

« La conquête de l’image cinématographique ou…une philosophie du western »

Saison 2 (2012 - 2013)

Laurence Bouquiaux:

« Qu’est-ce donc que la science? »

Pascal Chabot:

« Penser les métamorphoses contemporaines »

Michel Dupuis:

« Comment exister? Pensées chinoises et européennes en dialogue »

Guy Haarscher:

« La philosophie peut-elle aider à mieux vivre? »

Mark Hunyadi:

« Penser la morale à partir de quelques mots d’aujourd’hui »

François Ost:

« La bénédiction de Babel »

Frank Pierobon:

« Une brève histoire philosophique du regard »

Alain van der Hofstadt:

« Invention et formes du paysage »

Saison 3 (2013 - 2014)

Marie-Aude Baronian:

« Penser la mode ou l’envers de l’éphémère »

Laurence Bouquiaux:

« Paradoxes et surprises philosophico-scientifiques »

Pascal Chabot:

« Portraits philosophiques »

Michel Dupuis:

« La bioéthique: questions et enjeux philosophiques »

Odile Gilon:

« Ordre et désordre. La dynamique des choses et ses résonances. »

Guy Haarscher:

« Philosophie du progrès: ses désillusions, notre avenir. »

Sébastien Laoureux:

« Le quotidien et l’événement. Continuité et discontinuité dans l’expérience humaine. »

Frank Pierobon:

« La musique au défi de la vie…(et vice-versa) »

Saison 4 (2014 - 2015)

François De Smet

Noeuds contemporains.

Olivier du Roy & Marc Crommelinck

De l’empathie à la morale. Dialogue entre un expert en neurosciences et un philosophe.

Michel Dupuis

Six poètes pour penser

Odile Gilon

Mélancolie ou délices et voyages de l’amertume.

Guy Haarscher

Les droits de l’homme et la démocratie sont-ils compatibles?

Sophie Klimis

La justice mise en scène(s): Par delà l’opposition entre le réel et l’imaginaire.

Nicolas Monseu

L’expérience du silence.

Frank Pierobon

Penser le mal, avec Kant et Arendt

Saison 5 (2015 - 2016)

Sébastien Laoureux

Penser avec Spinoza

Nicolas Monseu & Jean Loubry

Vivre et créer. Le « Prologue » d’Ainsi parlait Zarathoustra

Odile Gilon

L’attention

François De Smet

Le Monstre – Ethique et esthétique

Pascal Chabot

L’intelligence et la peur

Fleur Courtois

« Mouvoir et revoir la pensée » – La mise en scène de la pensée en danse et en cinéma.

Marc Crommelinck

Philosophie et neurosciences en dialogue

Frank Pierobon

Mimèsis, mentir-vrai et faux-semblants.

Saison 6 (2016 - 2017)

Jean-Michel Longneaux

La liberté: une illusion?

Marc de Haan

Le théâtre de la vérité

Jean Leclercq

Déconstruction de la religion et exaltation de la citoyenneté

Olivier Duquenne

Les Métamorphoses et l’art d’aujourd’hui: Ovide dans la création contemporaine

Marie-Geneviève Pinsart

Engager le futur dans nos actions présentes

Lambros Couloubaritsis

Violences et souffrances humaines

Pascal Chabot et Laurent de Sutter

Quelques contemporains pour penser l’époque

Sébastien Laoureux

Penser avec Michel Foucault

Saison 7 (2017 - 2018)

Jean-Michel Longneaux

Approche philosophique du deuil

Clément Bertot

Nietzsche, philosophe législateur

Sacha Carlson

La phénoménologie: une méthodologie pour penser le monde d’aujourd’hui

Olivier Duquenne

L’art contemporain ou la « fureur des émotions »

Jean Leclercq

Vivre, philosopher, guérir

Benoît Peeters

Penser avec Roland Barthes

Marc Crommelinck

Souviens-toi… La mémoire: du mythe à la philosophie et aux sciences, un parcours pluriel

Frank Pierobon

Kant l’incontournable

Saison 8 (2018 - 2019)

Baudouin Decharneux

Religions, mythes et réalités sous un regard philosophique.

Emmanuelle Danblon

Les compétences rhétoriques et l’exercice de la citoyenneté.

Gertrudis Van de Vijver

Le sujet aux prises avec l’objet.

Guy Haarscher

Marx est-il vraiment mort ?

Jean-Michel Longneaux

Le bonheur, une affaire sérieuse

Laurent de Sutter

Penser l’indignation

Bernard Feltz

Écologie et modernité (vers un nouveau rapport à la nature, à l’animal, au corps)

Pascal Chabot

Le système, les ultraforces et le soi.

Saison 9 (2019 - 2020)

Baudouin Decharneux

Sagesses de l’Orient

Emmanuelle Danblon

La rhétorique comme exercice du regard.

Thierry Lenain

Art et authenticité.

Frank Pierobon

L’animal, l’humain, le divin

François De Smet

Le peuple

Michel Dupuis

Le travail du sens

Marc Crommelinck

La pensée à l’oeuvre dans la musique baroque en Allemagne.

Jean-Michel Longneaux

Á quoi obéit celui qui désobéit ?