Calendrier – Saison 16 (sept 2026 – mars 2027)
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Il n’y aura pas de conférences les :
3 novembre 2026 (congé de Toussaint)
22 décembre 2026
29 décembre 2026
Détails des des Cycles de la Saison 16
N.B : Les orateurs se réservent le droit de réorienter leur cycle en cours de saison, merci de visiter ce site régulièrement.
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Cycle 1 : Dieu ? - Jean-Michel Longneaux
Dieu ?
Jean-Michel Longneaux
Depuis le début de son histoire, la philosophie se pose la question d’un ou plusieurs dieu(x), avec ou sans D majuscule. Quelles expériences, quelles nécessités amènent certains penseurs à affirmer l’existence d’un principe divin, d’autres son impossibilité, d’autres encore à professer un doute indépassable à son endroit ?
Cycle 1: le matin de 10h00 à 11h20
| 22 septembre 2026 |
Au commencement Dès l’origine, la question de dieu vient hanter la philosophie, sous la forme de l’Un, de l’Etre, ou du premier moteur immobile… comme si le monde empirique ne se suffisait pas à lui-même. |
| 6 octobre 2026 |
Démontrer Dieu De la nécessité de démontrer Dieu à la nécessité par laquelle Dieu s’affirme : les différentes preuves de l’existence de Dieu. |
| 20 octobre 2026 |
Dieu par-delà la raison De l’impossibilité d’affirmer ou d’infirmer l’existence de Dieu : la critique kantienne de la raison impose l’agnosticisme |
| 10 novembre 2026 |
L’invention de Dieu « Dieu est mort, Dieu est mort ! » proclame l’insensé de Nietzsche. « Et c’est nous qui l’avons tué ! »… parce que c’est nous qui l’avons inventé, par haine de la vie. |
| 24 novembre 2026 |
Le Dieu des simples Loin des querelles savantes et des démonstrations raffinées qu’il laisse aux philosophes et aux théologiens, le vicaire savoyard de J-J Rousseau s’en tient à son bon sens paysan : le Dieu des simples. |
| 8 décembre 2026 |
L’épreuve indicible de l’absolu Selon J. Nabert, Dieu ne se démontre pas, il s’atteste dans le silence, au plus intime de notre intimité, dans les expériences de l’échec, de la faute et de la solitude. |
Cycle 2 : Une vie sans raison ? La place du hasard dans nos existences - Simon Brunfaut
Une vie sans raison ? La place du hasard dans nos existences.
Simon Brunfaut
Le hasard, souvent perçu comme l’expression de l’imprévisible ou du désordre, constitue pourtant un objet philosophique majeur. De l’Antiquité à la pensée contemporaine, les philosophes se sont interrogés sur sa nature : est-il réel ou seulement le signe de notre ignorance ? S’oppose-t-il à la nécessité, au déterminisme, ou peut-il s’y articuler ?
Cette interrogation trouve notamment un terrain privilégié dans les jeux de hasard, où se mêlent calcul des probabilités, prise de risque et croyance dans la chance. En jouant, cherchons-nous à maîtriser l’incertain, ou à éprouver notre rapport au destin ? Pourquoi persistons-nous à parier, même lorsque tout semble échapper à notre contrôle ?
Ce cycle de conférences propose d’explorer ces questions en croisant plusieurs approches. Il s’agira d’examiner les conceptions classiques du hasard (chez Aristote ou Épicure), d’analyser son rôle dans les sciences modernes, et d’interroger ses implications existentielles et éthiques : quelle place accorder à la contingence dans nos vies ? Peut-on penser la liberté à partir du hasard, ou consiste-t-elle à lui résister ?
Si notre existence elle-même relève en partie du hasard, alors ce ne sont pas seulement les événements du monde qui vacillent, mais aussi le sens que nous donnons à nos vies. À travers ces perspectives, le hasard apparaîtra non plus comme une simple absence de sens, mais comme une notion féconde — et troublante — pour comprendre le monde, la connaissance et l’action humaine.
Cycle 2 : le matin de 11h40 à 13h00
| 22 septembre 2026 |
Détail à venir très prochainement. … |
| 6 octobre 2026 |
Détail à venir très prochainement. … |
| 20 octobre 2026 |
Détail à venir très prochainement. … |
| 10 novembre 2026 |
Détail à venir très prochainement. … |
| 24 novembre 2026 |
Détail à venir très prochainement. … |
| 8 décembre 2026 |
Détail à venir très prochainement. … |
Cycle 3 : Politiques du consentement - Nathalie Grandjean
Politiques du consentement.
Nathalie Grandjean
Ce cycle de conférences propose d’interroger le consentement comme un catalyseur privilégié des mutations anthropologiques, sociales et culturelles contemporaines. Loin d’être en « crise », il n’a sans doute jamais été autant discuté, mobilisé et institutionnalisé. Il apparaît plutôt comme le symptôme de crises plus larges : crise du libéralisme et de ses promesses d’autonomie, crise de la justice sexuelle et des normes de l’intimité, crise des formes de subjectivité à l’ère du numérique et de l’émergence massive des IA génératives. Paradoxalement, le consentement est aussi invoqué comme remède normatif face à ces tensions, bien que son efficacité demeure incertaine. Médical, sexuel, numérique ou politique, il structure aujourd’hui les dispositifs juridiques, les discours publics et les pratiques ordinaires. Ce cycle examinera ainsi ses conditions de possibilité, ses procédures, ses effets sociaux et ses implications politiques et épistémologiques.
Cycle 3 : le matin de 10h00 à 11h20
| 29 septembre 2026 |
Retour aux sources du consentement Ancré dans la tradition libérale, le consentement est généralement conçu comme l’expression d’un accord mutuel entre sujets libres et égaux, garantissant leur dignité et l’intégrité de leurs relations. Toutefois, cette vision contractualiste repose sur une égalité formelle qui peut invisibiliser les rapports de domination et les disparités sociales influençant la capacité même de consentir. |
| 13 octobre 2026 |
Quand céder n’est pas consentir S’inscrivant dans la perspective selon laquelle « céder n’est pas consentir » (Leguil, 2021), le consentement trouve une autre limite dans le champ du désir amoureux et sexuel. Loin d’être totalement éclairé, il se confronte à l’opacité constitutive du désir, qui demeure en partie énigmatique pour le sujet. Cette expérience comporte ainsi une dimension de risque, particulièrement manifeste dans des contextes marqués par des asymétries relationnelles. Le « céder » peut alors constituer une expérience traumatique, engageant une atteinte au corps et à l’intégrité subjective. |
| 27 octobre 2026 |
Le consentement à l’épreuve de la vague #Metoo Le mouvement #MeToo a replacé le consentement au centre des débats sur la distinction entre sexualité légitime et violences sexuelles, suscitant une revendication féministe en faveur d’un consentement actif, volontaire et explicite. Pourtant, cette proposition ne fait pas consensus parmi les théoriciennes féministes. |
| 17 novembre 2026 |
Consentir à l’ère des IA génératives Le gaslighting algorithmique renvoie à l’usage de l’IA générative pour altérer la perception du réel et susciter le doute quant aux souvenirs ou au jugement des individus. Prolongeant le concept psychologique d’emprise, ce phénomène soulève des enjeux éthiques et politiques majeurs. Peut-on consentir à la simulation et à l’érosion progressive du réel ? |
| 1 décembre 2026 |
Les arbres peuvent-il consentir ? À la suite du texte de Christopher D. Stone, Should Trees Have Standing?, la notion de consentement sera examinée dans le cadre de l’extension des droits de la nature. Si certaines entités non humaines peuvent aujourd’hui être reconnues comme sujets de droit et représentées en justice, peuvent-elles pour autant être pensées comme capables de consentir ? |
| 15 décembre 2026 |
Le consentement face à lui-même Devenu un possible indice de la vérité du sujet et une « référence pour l’agir », le consentement tend à être envisagé comme un « acte sans histoire », détaché de toute temporalité. Cette perspective soulève la question de sa réversibilité et de la difficulté à l’inscrire dans un trajet personnel et collectif, invitant ainsi à réaffirmer la nécessité d’une historicité du politique dans la compréhension du consentement. Une telle réflexion ouvre enfin la possibilité d’esquisser les contours d’une nouvelle anthropologie du sujet, affranchie des présupposés du libéralisme et du contractualisme. |
Cycle 4 : Nietzsche et la musique - Susanna Zellini
Nietzsche et la musique
Susanna Zellini
On le sait, Nietzsche ne s’est pas simplement intéressé à la musique à la manière d’un amateur, mais il a lui-même composé des œuvres personnelles qu’il n’aura de cesse de présenter aux professionnels de la musique qui lui furent proches. Il s’est lié également fortement à Peter Gast, qu’il pressentit toute sa vie comme un grand musicien en puissance et qu’il tâchera de faire sans relâche de faire connaître. Enfin, la musique a pu avoir chez lui aussi un effet spirituel, le jour où un piano l’a sauvé de la tentation de succomber aux plaisirs de la chair, dans un bordel où ses amis trouvèrent pour leur part des prostituées.
Il faut dire que la musique est pour Nietzsche tout sauf un art secondaire. D’abord disciple de Schopenhauer qui lui accordait le plus haut rang parmi les arts, Nietzsche fit de celle-ci à l’occasion de la Naissance de la tragédie l’incarnation de l’esprit dionysiaque, celui par lequel l’individu s’abolit dans un tout plus grand que lui, par opposition à la tendance apollinienne de la belle forme bien polie. On sait que c’est la dualité de ces deux tendances qui aura fait à ses yeux la grandeur de l’art grec. Aussi, cette dialectique entre musique dionysiaque et forme apollinienne se traduit dans un idéal de langage qui doit unifier les muses et les concepts. C’est sur ce point que Nietzsche récupère l’idéal grec du rythme et plus généralement de la rhétorique grecque et la traduit dans la modernité dans un style de pensée et d’écriture complètement nouveaux.
L’intérêt de la philosophie nietzschéenne de la musique va aussi accompagner son évolution philosophique et définir les étapes de l’amitié puis de l’inimitié avec le compositeur R. Wagner. En effet, celui-ci ne supportera pas le fait que Nietzsche ait complètement dénoncé la vision du génie donnée par Schopenhauer et dont Wagner pensait être l’incarnation. La parution de l’ouvrage Humain, trop humain, signera ainsi la fin d’une amitié stellaire entre les deux hommes.
Dans ces conférences, il s’agira d’unifier tous ces différents aspects de la musique chez Nietzsche pour pouvoir repenser sa philosophie à travers la musique, mais aussi la musique à travers sa philosophie. Si Nietzsche a pu écrire dans un aphorisme resté célèbre que « sans la musique la vie serait un erreur », c’est que la musique est aussi la condition d’un rapport existentiel à la vie. La vie humaine n’a ainsi pas de sens en soi, de sens qui lui serait donné de manière transcendante, mais il est possible de lui voir ou de lui donner un sens à partir de la création de forme, musicale notamment.
Cycle 4 : le matin de 11h40 à 13h
| 29 septembre 2026 |
Nietzsche et la naissance de la tragédie Une vision de la musique inspirée de Schopenhauer et de Wagner – La figure de Wagner dans la quatrième des Considérations inactuelles : un portrait étonnant marquant la future prise de distance du jeune Nietzsche |
| 13 octobre 2026 |
Nietzsche, musique et langage La création de nouvelles formes de pensée et d’écriture |
| 27 octobre 2026 |
“Sans la musique, la vie serait une erreur”: La fonction existentielle de la musique selon Nietzsche |
Cycle 5 : Penser la prison comme œuvre politique - Juliette Lafosse
Penser la prison comme œuvre politique
Juliette Lafosse
Ce cycle de trois conférences postule que la prison peut être comprise comme une véritable œuvre politique en ce qu’elle condense, produit et révèle la logique du pouvoir moderne.
Penser la prison comme œuvre, c’est la penser en ce que, comme toute œuvre, elle révèle et produit. La prison œuvre au politique, le construit, l’assoit ; mais aussi produit, révèle, dévoile la nature du politique qui l’instaure et l’organise.
Nous verrons comment l’institution carcérale n’est pas seulement un lieu d’enfermement, mais aussi, à la lecture de Foucault, un dispositif qui fabrique des corps dociles, des conduites prévisibles, une certaine forme de citoyen discipliné, à la fois en dehors et en dedans de ses murs. Elle produit ainsi un type de subjectivité conforme aux exigences d’un ordre politique fondé sur la normalisation. C’est cette normalisation, enrichie par la pensée de Gofman et de Becker que nous discuterons, avant de questionner ensuite les représentations de la justice que la prison sert ou mobilise.
En ce sens, la prison fonctionne comme une œuvre au sens arendtien : un artefact durable, construit, qui matérialise une vision du monde et organise l’espace commun. Mais elle est aussi le lieu d’une révélation de la nature du politique : en exposant la manière dont une société traite ceux et celles qu’elle désigne comme déviant.es, elle dévoile ses valeurs, ses peurs, ses hiérarchies, sa conception de la liberté et de l’autorité.
Le cycle ambitionne de montrer que la prison est à la fois un instrument de souveraineté, une fabrique du sujet et un choix normatif, et qu’en l’interrogeant sous ces trois angles, on révèle les fondements et les limites de l’ordre politique qui l’organise.
L’idée serait de structurer le cycle autour de trois grandes tensions politiques : souveraineté, subjectivité, et justice.
Cycle 4 : le matin de 11h40 à 13h00
| 30 septembre 2025 |
« Souveraineté, violence légitime et gouvernement des illégalismes » La première séance pose la prison comme institution de souveraineté. Elle interroge la manière dont l’État moderne légitime son droit de punir et comment la prison devient un outil de gestion de ce que Foucault nomme « illégalismes ». Cette entrée permet de comprendre que la prison n’est pas un simple mécanisme juridique, mais un instrument de gouvernement, inscrit dans des rapports de force économiques, sociaux et politiques. Elle est un dispositif de pouvoir qui matérialise une certaine conception de l’ordre social, et de la manière d’y exercer sa souveraineté. Auteurs mobilisés : Max Weber, Carl Schmitt, Michel Foucault, Giorgio Agamben, … |
| 14 octobre 2025 |
« Punir, discipliner, normaliser » : la prison comme fabrique du sujet La deuxième séance déplace le regard : après avoir étudié la prison comme technologie de souveraineté, on l’examine comme technologie de subjectivation. Il ne s’agit plus seulement de comprendre pourquoi l’État enferme, mais ce que l’enfermement fait aux individus. La prison produit des identités, des stigmates, des formes de reconnaissance ou de déni de reconnaissance. Elle ne se contente pas de gérer des corps ; elle façonne des sujets et redéfinit leur place dans la communauté politique. Auteurs mobilisés : Michel Foucault, Erving Goffman, Howard Becker, Hannah Arendt, … |
| 28 octobre 2025 |
« Emmurer la justice » : penser la peine dans un horizon démocratique. La troisième séance ouvre la réflexion : si la prison est un dispositif de pouvoir et une fabrique du sujet, alors sa légitimité ne peut plus être tenue pour acquise. On y interrogera les normes de justice qui pourraient justifier ou contester l’existence même de l’institution carcérale. Cette troisième séance propose de penser la prison comme choix politique : une œuvre qui peut être évaluée, critiquée et éventuellement dépassée, mais toujours philosophiquement pensée. Auteurs mobilisés : John Rawls, Michael Walzer, Gwenola Ricordeau, Judith Butler, Howard Zehr, … |
Cycle 6 : L'université comme lieu de culture de soi - Quentin Landenne
L’université comme lieu de culture de soi: un idéal intempestif
Quentin Landenne
L’université est une institution singulière. Inventée au Moyen-âge, elle trouve ses premières bases philosophiques dans l’idéalisme allemand et la philosophie de la Bildung (terme qu’on peut traduire par culture, formation ou éducation). Alors que Kant, Fichte et Humboldt pensent l’université comme une communauté de formation de soi par la science, les évolutions contemporaines de l’université (massification, globalisation, marchandisation) et de l’enseignement dans une société de la connaissance mettent de plus en plus à mal cet idéal philosophique – jusqu’à le rendre définitivement caduc?
Cycle 6 : le matin de 10h00 à 11h20
| 5 janvier 2027 |
La philosophie allemande et l’idéal de Bildung L’idéal de Bildung (formation, culture, éducation) est au centre de la philosophie et de la littérature allemandes de la fin du 18e siècle. « Forme-toi toi-même » est même défini comme un impératif moral catégorique par Wilhelm von Humboldt. Cette première séance montrera comment les auteurs de cette époque, de Goethe à Hegel, se relient et construisent leur pensée autour de cet idéal de culture de soi. |
| 19 janvier 2027 |
L’université, l’idéal de Bildung et le défi de la démocratisation Au début des années 1800, en contexte de censures despotiques et d’invasions napoléoniennes, l’université est perçue par les philosophes allemands comme un lieu essentiel de résistance critique, de liberté fondée sur la science et de formation culturelle de la nation. Se développe alors toute une philosophie de l’université qui constitue la base d’un modèle qui va s’exporter mondialement au vingtième siècle. |
| 2 février 2027 |
Philosophie de la liberté académique: définition, enjeux, menaces La liberté académique constitue sans doute la matrice constitutionnelle de l’université moderne. Or, elle est de plus en plus menacée aujourd’hui, y compris dans des sociétés de tradition libérale, comme les Etats-unis ou certains pays européens. D’où l’importance d’une recherche philosophique en vue de préciser sa définition, ses rapports avec la liberté d’expression, ses limites et ses liens avec la démocratie. |
Cycle 7 : Penser les puissances créatrices de la nature avec Henri Bergson - Didier Debaise
Penser les puissances créatrices de la nature avec Henri Bergson.
Didier Debaise
La philosophie de Bergson (1859–1941) a profondément transformé les cadres de la pensée philosophique. Du primat de l’intelligence à l’attention portée au corps, des catégories abstraites de la pensée aux formes concrètes de l’expérience vitale, des sciences aux puissances créatrices des arts, de l’analyse à l’intuition, tout, dans son œuvre, est reconstruit, déplacé et repensé. Elle se présente ainsi comme une vaste entreprise de refondation de la pensée autour d’une question centrale, appelée à tout traverser et à tout reconfigurer : qu’est-ce que l’activité vitale ?
Cette interrogation en condense une pluralité aux dimensions à la fois spécululatives, existentielles et morales : comment l’activité vitale s’est-elle déployée au cours de l’évolution ? Quel sens confère-t-elle à nos cadres de pensée ? Quelle est la fonction de l’intelligence, et pourquoi est-elle apparue ? Elle ouvre ainsi un nouveau point de départ pour la philosophie : explorer nos puissances vitales à même nos corps, et en faire une perspective générale sur ce qui nous attache, sur ce dont nous dépendons, sur nos liens — contingents et pourtant essentiels — avec le reste de la nature.
Dans le contexte contemporain de l’entrée dans ce que Bruno Latour nomme le « nouveau régime climatique », il s’agira d’interroger ce que la pensée du vivant de Bergson peut encore nous apporter aujourd’hui, et les modes d’héritage possibles de cette philosophie.
Cycle 7 : le matin de 11h40 à 13h
| 5 janvier 2027 |
Genèse d’une pensée Comment la métaphysique est-elle devenue une nécessité ? Comment Bergson, brillant étudiant promis à une carrière de mathématicien, féru de physique et profondément marqué par les théories évolutionnistes — notamment celles de Spencer — en est-il venu à s’engager dans la voie de la métaphysique ? Qu’est-ce qui, selon lui, dans les sciences elles-mêmes, appelle un « saut imaginatif » vers la métaphysique ? Cette leçon retracera la genèse de la pensée bergsonienne en montrant comment chacune de ses œuvres explore un domaine particulier des sciences de son époque : la psychologie et la physiologie dans Les Données immédiates de la conscience (1889) et Matière et mémoire (1896) ; la physique et les mathématiques dans Durée et simultanéité (1922) ; enfin, la biologie et les théories de l’évolution dans L’Évolution créatrice (1907). |
| 19 janvier 2027 |
Du temps abstrait aux rythmes vitaux La pensée de Bergson se déploie à partir d’un constat critique fondamental : les sciences, le sens commun et une grande part de la philosophie témoignent d’une même incapacité à penser le temps réel. Tout se passe comme si le temps et la durée échappaient à toute prise conceptuelle et opératoire. Dès lors, plusieurs questions s’imposent : pourquoi éprouvons-nous tant de difficultés à penser et à exprimer ce qui nous est pourtant le plus intime, à savoir l’expérience de la durée ? De quoi les sciences parlent-elles lorsqu’elles invoquent le temps comme condition des phénomènes mesurables ? Quelle conception du temps traverse une large part de l’histoire de la philosophie et s’oppose, comme le montre Bergson, à l’expérience de la durée ? Enfin, à quelles conditions une véritable pensée de la durée devient-elle possible ? |
| 2 février 2027 |
Une autre histoire de l’évolution L’histoire naturelle classique, alors même qu’elle ambitionne d’introduire le temps au cœur des réalités vivantes, demeure largement tributaire d’une conception abstraite et homogène du temps. Comment repenser l’évolution à partir des rythmes hétérogènes, concrets et irréductibles des êtres vivants ? Dans L’Évolution créatrice (1907), Bergson introduit la notion, de prime abord énigmatique, d’« élan vital ». Que signifie exactement ce concept ? Que recouvre-t-il ? Permet-il véritablement, comme l’affirme Bergson, de proposer une théorie alternative de l’évolution, capable de rendre justice à la pluralité contingentielle et événementielle des formes vivantes dans la nature ? |
| 16 février 2027 |
De la plante à l’animal — les formes multiples de l’expérience vitale La philosophie naturelle a longtemps tracé des frontières rigides entre les formes d’existence : entre la matière et la vie, l’étendue et la pensée, le végétal et l’animal, l’animal et l’humain. Comment repenser ces distinctions sans les transformer en domaines étanches, au prix de contradictions manifestes avec les faits ? Bergson appelle à une profonde révision des catégories de la pensée de l’évolution, ouvrant ainsi une perspective entièrement renouvelée sur les formes multiples de l’existence dans la nature. |
| 2 mars 2027 |
La célébration des faux problèmes La philosophie s’est souvent enlisée dans une série de faux problèmes : quelle est l’origine de l’existence ? Comment l’être pourrait-il surgir du néant ? Comment la liberté serait-elle possible dans un univers régi par des lois causales strictes ? Une chose est-elle possible avant d’exister, ou bien le possible dérive-t-il toujours de ce qui existe déjà ? Bergson met au jour ce qu’il nomme des « faux problèmes », voués à demeurer insolubles tant qu’ils restent mal posés. Et si ces impasses philosophiques relevaient d’une mécompréhension fondamentale de la fonction de l’intelligence ? |
| 16 mars 2027 |
Héritages et reprises contemporaines Tout au long du XXᵉ siècle, la philosophie de Bergson a donné lieu à de nombreuses reprises : dans le pragmatisme (James et Dewey), la philosophie spéculative (A. N. Whitehead), les philosophies de l’événement (Deleuze), ou encore certains courants de la phénoménologie (Levinas, Merleau-Ponty). Que trouvaient ces penseurs dans l’œuvre de Bergson ? Quels déplacements ont-ils tenté d’opérer à partir de sa pensée ? Comment reprendre aujourd’hui la philosophie bergsonienne face à des problèmes qu’elle ne pouvait anticiper ? Quelles ressources offre-t-elle pour penser notre situation écologique contemporaine ? |
Cycle 8 : Eclairer l'existence avec Karl Jaspers et Paul Ricœur - Michel Dupuis
Éclairer l’existence avec Karl Jaspers et Paul Ricœur.
Michel Dupuis
Quels que soient l’époque, le type de société et la culture, l’existence semble toujours problématique pour elle-même et d’une certaine façon plongée dans un brouillard. Il lui arrive de sentir perdue en d’obscures ténèbres. Le quotidien humain est marqué par un questionnement, une inquiétude, même lorsque les circonstances se trouvent plutôt paisibles et qu’une forme authentique d’optimisme prend le dessus. Les joies, les éclats de plaisir, les vagues de bonheur s’inscrivent sur ce fond ténébreux. Le désir, le manque, le besoin exacerbent cette dramatique, et quand elle se manifeste, l’espérance ne s’éveille que sur ce fond, qu’elle éclaire et qu’elle pourra transformer en chemin de traversée et de sortie. K. Jaspers et P. Ricoeur ont interrogé cette condition humaine ; leur travail est une lutte philosophique pour que ces « leçons de ténèbres » conduisent à une existence éclairée : réconciliée avec sa vulnérabilité et disponible à une aventure qui la dépasse.
Cycle 8 : le matin de 10h à 11h20
| 12 janvier 2027 |
L’existentialisme a-t-il encore du sens ? Il y eut le « moment » de l’existence, des penseurs et des écrivains à succès, mais bien vite aussi des critiques philosophiques fondées, au nom d’un oubli du monde et de la vie organique (H. Jonas). Les défis géopolitiques et climatiques actuels obligent à reconfigurer une philosophie de l’existence-au-monde. |
| 26 janvier 2027 |
Choses et personnes en communication L’univers est une totalité en expansion, où chaque élément n’existe qu’en interconnexion. Après Kierkegaard et parallèlement à Whitehead, Jaspers et Ricoeur font de la communication la condition de l’humanité partagée, dans ses possibilités et ses limites. |
| 9 février 2027 |
Lire les signes à même le monde L’univers est foncièrement herméneutique, c’est-à-dire soumis aux lois de la compréhension, de l’interprétation et même de l’empathie. Cette dernière notion constitue un ressort particulier mais majeur de la philosophie de l’existence, tant chez Jaspers que chez Ricoeur. |
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23 février 2027
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L’être-en-situation Les mouvements de l’existence, de soi vers soi, vers les autres et vers le monde sont conditionnés : c’est le thème jaspersien des situations-limites que Ricoeur réinvestit sous le concept de l’involontaire. Une fois associées, leurs analyses constituent une clinique fondamentale de la volonté et de la liberté humaines. |
| 9 mars 2027 |
Contingence et transcendance Jaspers et Ricoeur n’évitent pas le paradoxe : l’intime contingence de l’existence est orientée vers une lueur indécise mais difficile à ignorer. La limite est un lieu de passage. L’ici trouve un sens en fonction d’un là. |
| 23 mars 2027 |
Le politique et l’utopie La raison est bien plus riche que le rationalisme. Toute en émotions, en affects, en possibles tantôt créateurs tantôt pathogènes, elle entr’ouvre un avenir à inventer collectivement. Mémoire et imagination se mettent au service de l’urgence politique. |
Cycle 9 : Esprit humain et machines pensantes - Marc Crommelinck et Patrice d'Oultremont
Esprit humain et machines pensantes.
Marc Crommelinck et Patrice d’Oultremont
– détail à venir très prochainement-
Cycle 8 : le matin de 11h40 à 13h
| 12 janvier 2027 |
Détail à venir … |
| 26 janvier 2027 |
Détail à venir … |
| 9 février 2027 |
Détail à venir … |
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23 février 2027
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Détail à venir … |
| 9 mars 2027 |
Détail à venir … |
| 23 mars 2027 |
Détail à venir … |
Cycle 10 : L'invention de l'autre - Jacques Sojcher (avec Frank Pierobon)
L’invention de l’autre.
Jacques Sojcher (avec Frank Pierobon)
L’autre, notre « prochain », est à la fois une donnée banale de notre vie sociale, et l’objet d’un commandement religieux ou encore le mystère inépuisable d’une démarche philosophique essentielle. Banalisé, chosifié et même instrumentalisé, Autrui peut être appréhendé dans une approche spirituelle (E. Levinas) ou existentielle (Martin Buber), ou, dans son angoissante altérité, il peut être un paratonnerre ordinaire de la haine sociale – dans la misogynie, dans le racisme et la xénophobie.
Cycle 10 : le matin de 10h00 à 11h20
| 16 février 2027 |
L’Autre comme prochain À partir du commandement biblique d’aimer son prochain (Lévitique, 19,17-18), Emmanuel Levinas et Martin Buber (Ich und Du): Le prochain est-il le proche et/ou doit être humain ? Le Je-Tu et le Je-Cela, Le « visage de l’autre » (Levinas), Dieu et l’autre. |
| 2 mars 2027 |
Le regard de l’Autre De l’Autre au prisme de nos angoisses : L’autre comme produit – L’essentialisme et l’objectivation – Le repli identitaire – La déshumanisation. |
| 16 mars 2027 |
L’accueil de l’Autre Les philosophes aux prises avec l’Autre. Pour Levinas, « l’autre est plus que moi » – L’autre selon Edmond Jabès – L’hospitalité selon Jacques Derrida – Les limites de l’empathie et l’amour – La sexualité ou le corps de l’autre – Faire société. L’autre : enjeu ou appel à l’universel ? |